Cri de coeur d'un anglo chez nous - Macleans.ca

Cri de coeur d’un anglo chez nous

Martin Patriquin responds to La Presse’s Yves Boisvert

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What follows is an email I wrote to La Presse columnist Yves Boisvert after reading his Saturday piece. Entitled “Commentaires assassins” (‘Vicious Commentary’), the column talks about how many commentators outside of Quebec have an often hopelessly wrong grasp of the province’s dynamics, and it shows. I hold Mr. Boisvert in high regard, but took issue with his bit about the identity politics of the Parti Québécois, which he dismissed as “gadgets.”

I’ve had the grammar and syntax corrected and added hyperlinks. Otherwise, the email appears as I sent it. An English translation appears here.

Salut Yves-

J’ai lu avec grand intérêt votre chronique d’hier, et je suis d’accord. [Jack] Granatstein en particulier a dépassé les bornes. (Reste que je trouve imbuvable cet homme obsédé par la trame narrative über-militariste. Je pense qu’il devrait faire comme beaucoup d’hommes d’un certain âge et se payer une Corvette, mais bon…) [Margaret] Wente est tout aussi déplorable; j’avoue n’avoir pas lu le texte que vous avez cité. J’ai arrêté de lire Madame lorsqu’elle a fait ses sorties à propos d’InSite, le centre d’injection supervisée de Vancouver.

Je suis toutefois mal à l’aise avec votre référence concernant les <<gadgets identitaires>> du PQ. Je pense que qu’il est trop reducteur de les rejeter d’une telle façon. En fait, la plateforme identitaire du PQ est plus qu’un gadget, c’est quelque chose de fondamentallement dangereux.

Durant la campagne, nous avons entendu les sorties de [Jean-François] Lisée, [Bernard] Drainville, etc, qui disaient que le français est en recul à Montréal, car il y a une diminution de francophones de langue maternelle sur l’île. Lisée l’a dit explicitment: <<À partir du moment où il n’y a pas une majorité pour qui le français est la premiere langue, il n’y a plus de majorité pour défendre la langue française. On peut être très attaché à notre deuxième langue […] mais je n’irais pas manifester pour la défense de l’anglais ou de l’espagnol.>>

Autrement dit, les gens qui n’ont pas le français comme langue maternelle sont une menace à sa survie. Cette affirmation – le <<gadget>> du PQ – est profondément dégoûtante, pour deux raisons:

1) Elle suggère que peu importe les démarches effectuées par les nouveaux arrivants (incluant les anglos) il ne sera jamais possible pour eux de s’intégrer complètement. Impossible. Ça fait mal à entendre, pour moi qui suis né au Québec, qui travaille presque complêtement en français dans mes recherches et interviews, qui vit en français pendant la journée hors de la maison et qui souhaite que son fils fréquente l’école française. Je suis une menace à la langue parce que je parle une autre langue que le français à la maison? Même chose pour chaque immigrant qui arrive ici?

Le PQ veut utiliser cette forme de pensée pour introduire des restrictions non seulement sur les immigrants, mais sur les Québécois. En effectuant l’équation entre la langue maternelle et le recul du français, le PQ introduit la méfiance vers le non-francophone.

2) Le PQ et bien d’autres organisations (SSJB, MMF, etc) ont pris pour acquis que le français est en recul à Montréal. Cela est manifestement faux.

En 1989, 70% des immigrants avaient fait le transfert à l’anglais, selon la plateforme du PQ de l’époque. En 2010, ils n’étaient que 49%—la première fois, selon l’OQLF, qu’on est à moin de 50%. En plus, le nombre d’immigrants qui maîtrise déjà le français en arrivant au Québec est passé de 47% à 65% depuis 2001 (sous Landry, en passant). Il y a plus d’immigrants qui parlent le français maintenant qu’il y a 20, 15, 10 ou même cinq ans. Près de 90% des anglos sous l’âge de 21 ans sont bilingues.

Lorsque j’ai mentionné quelques statistiques à Yves-Francois Blanchet, porte-parole de la langue chez le PQ, il m’a répondu que les chiffres ont été manipulés par l’ancienne ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre et le bureau du premier ministre. Je me demande ce qu’il pense du 11 septembre…

Oui, il y a eu des dérapages dans les médias anglos. Beaucoup, même. D’un autre côté, je ne pense pas que nous pouvons ignorer ceux commis par le PQ.

Très cordialement,

mp/

Hi Yves,

I read with interest your column yesterday, and I agree. Particularly, [Jack] Granatstein went overboard. (I find him unbearable, obsessed as he is with the über-military narrative. I think he should do like a lot of men of a certain age and buy himself a Corvette, but anyways…) [Margaret] Wente is also deplorable; I admit that I didn’t read the piece you cite. I stopped reading her after she wrote about InSite, the supervised injection site in Vancouver.

I’m nonetheless uncomfortable with your reference to the PQ’s “identity gadgets.” I think it’s too simplistic to dismiss them as such. In fact, the PQ’s identity platform is more than a gadget; it’s something fundamentally dangerous.

During the campaign, we heard the words of [Jean-François] Lisée, [Bernard] Drainville, etc, who said that French is regressing in Montreal, because there is a decrease in the number of first-language francophones on the island. Lisée said it explicitly: “[F]rom the moment where there isn’t a majority of people whose first language isn’t French, it means there is no majority to defend it. We can be very attached to our second languages, but I won’t go protest to defend English or Spanish.”

In other words, people who don’t have French as a first language are a menace to that language’s survival. This assertion—the PQ’s “gadget”—is profoundly disgusting, for two reasons:

1) It suggests that regardless of the efforts made by new arrivals (and Anglophones), it will never be possible for them to completely integrate. Impossible, in other words. It hurts for me to hear that, born as I was in Quebec, who works almost exclusively in French when researching and interviewing, who lives in French during the day outside the house and who wants his kid to go to school in French. Yet I am a threat to the French language because I speak another language at home? And it’s the same thing for each immigrant who arrives here?

The PQ wants to use this kind of thinking to introduce restrictions not only on immigrants, but on French Quebecers as well. By equating the maternal language with the regression of French, the PQ sows mistrust towards non-Francophones.

2) The PQ and many other organizations (SSJB, MMF, etc) take it as a given that French is regressing in Montreal. This is manifestly false.

In 1989, 70 per cent of immigrants arriving in Quebec made the linguistic transfer to English, according to the PQ platform of the time. In 2010, it was at 49 per cent—the first time, according to the Office québécois de la langue française, that the number was below 50 per cent. As well, the number of immigrants who speak French upon arriving in Quebec went from 47 per cent in 2001—under a péquiste government—to 65 per cent in 2011. There are more immigrants who speak French today than there were 20, 15, 10, or even five years ago. About 90 per cent of Anglophones under the age of 21 are bilingual.

When I mentioned a few of these statistics to PQ language and immigration critic Yves-Francois Blanchet, he said the numbers had been manipulated by former culture minister Christine Saint-Pierre and the premiers office. I wonder what he thinks of September 11th…

Yes, there have been some questionable rhetoric from certain Anglophone media. A lot, even. On the other hand, I don’t think we can ignore that which has come from the Parti Québécois.

Best,

mp/

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