‘New Democrats will not let that happen’

by Aaron Wherry

The House will spend this evening and night debating the government’s back-to-work legislation for CP Rail. A final vote is expected sometime in the early morning hours.

Thomas Mulcair spoke in the House around 4:30pm this afternoon, his primary speech on the legislation. The transcript is below.

Madame la Présidente, je ressens aujourd’hui, comme beaucoup de gens dans cette pièce, un certain sentiment de déjà-vu, puisque, il y a un an presque jour pour jour, notre regretté chef Jack Layton se levait pour prendre la parole dans cette Chambre dans des circonstances quasiment identiques. Il le faisait afin de s’opposer à la loi spéciale que ce gouvernement déposait et qui visait à obliger les travailleurs en lockout — c’est important de retenir qu’ils étaient en lockout — de Postes Canada à retourner au travail. C’est important de retenir quand je mentionne le lockout, parce que c’est ce gouvernement lui-même qui les avait mis en lockout.

Dans le jargon de la négociation collective et du droit du travail, il y a un mot pour ça. C’est un mot qui fait partie du langage ordinaire, mais qui a en fait un sens spécifique en matière de relations de travail. C’est la question de « mauvaise foi. »

Il n’y a rarement eu un exemple aussi flagrant de mauvaise foi de la part d’un gouvernement que celui-là. N’oublions pas les faits. Le gouvernement a regardé les travailleurs à Postes Canada, ceux-ci étaient en train de travailler, le gouvernement les a mis en lockout, les a empêchés de travailler, puis s’est tourné de bord et a dit: « Ah, mais non de dieu, ils ne travaillent plus ces gens! Qu’est-ce qu’on va faire! Ça prend une loi spéciale pour forcer leur retour au travail. »

Et voilà, on était embarqué dans un exercice qui était une illustration d’une tendance lourde des conservateurs, depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir, de bafouer les droits collectifs, de s’attaquer aux travailleurs, d’utiliser tous les moyens à leur disposition majoritaire pour envoyer un signal clair aux employeurs cette fois-là. Le signal est que c’est bar ouvert sur les droits des travailleurs, qu’ils ne doivent pas se laisser faire, que les conventions collectives, la Cour suprême, les droits garantis par la Charte des droits et libertés de la personne sont pour un jour, qu’ils sont là pour imposer leur nouvelle loi et leur ordre, et que c’est bar ouvert pour les patrons. Voilà le message des conservateurs, madame la Présidente.

Après Postes Canada, il y a eu bien sûr Air Canada. Ils n’avaient même plus besoin de dégainer. La réaction était si immédiate. Ils étaient en train de gagner leur pari. Aujourd’hui, c’est le Canadien Pacifique.

Ce gouvernement a imposé donc trois lois de retour au travail au cours de cette seule session parlementaire, trois lois spéciales adoptées en catastrophe en moins de 12 mois.

Comparons maintenant cela à ce qui s’est passé au cours des dernières années, et on va comprendre la différence et le message qu’ils essaient d’envoyer.

Il y a seulement pendant toutes les années 1990 un total de neuf lois de retour au travail. Pendant toutes les années 1980 où — rappelons-le — les conservateurs étaient largement au pouvoir, il y a eu seulement six lois de retour au travail. On voit donc la disproportion totale. Ils sont rendus à trois lois en 12 mois. Comme mon ami et collègue le leader parlementaire de l’opposition officielle vient de le dire, ça fait au delà de 20 fois qu’ils imposent un bâillon, qu’ils utilisent une guillotine pour enlever aux parlementaires le droit de parler sur des choses aussi importantes que le budget.

Voilà la tendance lourde de museler, de bâillonner, de faire taire les élus du peuple ici dans cette Chambre, madame la Présidente.

Aujourd’hui, c’est bien plus que le conflit au Canadien Pacifique qui est en cause.Il y a eu, certes, celui à Air Canada et celui à Postes Canada, mais cela tient à un élément déterminant de la démarche conservatrice qui est d’abaisser les conditions de vie des Canadiens à tous les égards.

Example after example since the Conservatives came to power of lowering the standard of living of Canadians, this is the first generation where we have seen the middle class start to lose. Over the past 25 years the earnings of the top 20% in our society have increased, a tendency that we have observed throughout the history of the country, but for the other 80%, living conditions, wages, the middle class has actually seen that drop.

It is the first time in Canadian history we have observed that, and it is a heavy tendency. It is one that we keep observing. It is a series of actions by the government, and by today’s attack on collective bargaining rights, on labour rights, on rights that are reserved and guaranteed by the charter, reserved and guaranteed and enforced by the courts, the Conservatives are again attacking workers and their rights in this country.

… Some of the choices that the Conservatives have made over the years, of course, have resulted in the pressures that they now say they have to react to by cutting everything in the budget. For example, if we look at employment insurance, people are told to take a 30% pay cut, ship themselves a couple of hours out of town and take any job that presents itself. Otherwise, they are going to lose the right to collect the employment insurance that they paid into with their own money and their employers paid into.

Do members remember in 2009 when they double closed the door that the Liberals had already closed, and it had already gone all the way to the Supreme Court, when they emptied out $50 billion from the employment insurance account? They turned that into general revenue of the government. A lot of people said it was government money before, it is government money now and asked what it changed. Here is what it changed. The $50 billion in question was paid into the employment insurance account by every single employee for a specific purpose, to take care of them during the cyclical ups and downs of the economy, and it was paid into by every single employer. Whether employers were earning a good profit, breaking even or losing money, they still had to pay into it for every single employee.

When they emptied out the EI account, they created a $50 billion fiscal space. What became of that $50 billion fiscal space? It was turned into tax deductions for the richest corporations. The Conservatives do not like it when we say “for the richest corporations“. They will argue that it is for all corporations. Let us look at the facts. A company that was breaking even or losing money certainly did not benefit from a tax reduction because it was not paying any. In these tough economic times, especially for any export sector, including the fisheries, forestry and manufacturing, a lot of them were losing money or barely breaking even. The money they had paid in was for a specific purpose: to provide insurance in case of unemployment. When the 2008 crisis hit, that cupboard was bare and it had been emptied because that money had been turned over to the wealthiest corporations, like the banks and oil companies. That is the record of the Conservatives and the Liberals and that is why the NDP is standing up today and saying it has to stop.

Par leurs choix, ils sont en train de déséquilibrer l’économie qu’on a bâtie depuis la Deuxième Guerre mondiale. Il y a des pays, comme la Norvège, qui, comme nous, sont très riches en ressources. Toutefois, ils ont appris à pallier aux défis que cela représente. Nous, nous n’avons pas cette sagesse: développement débridé des ressources naturelles, sans appliquer le principe de base pollueur-payeur, et un résultat qui est en train de déséquilibrer l’économie que l’on a bâtie depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Il fut un temps où les Canadiens, de Langley jusqu’à St-John’s, pouvaient compter sur un bon emploi et un salaire permettant de subvenir aux besoins d’une famille. De plus, ils pouvaient compter sur une pension qui leur permettrait de prendre une retraite digne et sur un système d’assurance-emploi accessible. Mais non!

Lors d’une conférence dans les Alpes suisses, avec des milliardaires, il fallait que notre premier ministre décide d’épater la galerie et de montrer que lui aussi allait se bomber le torse, donner une leçon de morale aux moins bien nantis et leur apprendre que même s’ils avaient travaillé toute leur vie dans le secteur de la construction, même s’ils avaient travaillé dur dans une usine, ils ne travaillaient pas assez fort à son goût et qu’il allait ajouter deux ans à leur vie de travail et soutirer 12 000 $ de leurs poches, parce que, selon lui, ils n’étaient pas assez productifs.

Par le fait même, il retirait ces emplois du marché, en enlevant des possibilités d’emplois à la jeune génération. Cette jeune génération est déjà en train de payer la plus lourde dette écologique, économique et sociale de l’histoire. De nos jours, les jeunes qui font leurs études de premier cycle au Canada empruntent en moyenne 30 000 $ pour compléter un baccalauréat universitaire.

À quel moment un jeune couple qui doit 60 000 $ au début leur carrière est-il censé s’acheter une maison? Quand on vide la capacité économique du gouvernement d’aider à l’éducation post-secondaire comme il le faisait auparavant, voilà le résultat. Ils créent la condition et la montre du doigt, exactement comme le lock-out des travailleurs de Postes Canada. Ils créent la situation et disent ne plus pouvoir aider, car il n’y a plus d’argent. Qu’ont-ils fait avec l’argent? Ils l’ont donné à des sociétés qui ne créent pas d’emploi. La Banque Royale du Canada n’a pas créé d’emplois l’année dernière.

L’année dernière, les banques canadiennes à charte fédérale ont fait 30 milliards de dollars de profit. Ils ont utilisé 15 milliards pour des boni à leurs cadres. Voilà ce qu’ils ont fait avec cette somme d’argent. Ils n’ont pas créé d’emploi.

Au moins, le NPD a une vision selon laquelle s’il y a un espace fiscal disponible, on va le diriger vers les entreprises, en fonction de leur création d’emplois. C’est ce qu’un gouvernement est censé faire.

The government is trying to tell Canadians that we have to accept less, that we should accept lower wages and weaker pensions, and they are trying to create for employers an unlimited pool of cheap labour. It is commonplace and it is almost a caricature, but it was the Minister of Human Resources last week, in response to a question in a press conference, who specifically cited the creation of workers for McDonalds. It is not a hyperbole on the part of the opposition. That is what she actually said. One of the ministers responsible for finance said “Well, of course if a teacher is looking for a job in Newfoundland, we have jobs in the mines”. This is their philosophy. This is money that belongs to the workers. Conservatives think it belongs to McDonalds, and they are creating a system for employers and evacuating workers rights. This special legislation forcing workers back on the job despite the collective bargaining process is just a fuller illustration of exactly what they are up to: lowering workers rights, lowering the ability of the middle class to pay for itself and evacuating the capacity of the government to provide services. That is the agenda of the Conservatives.

It is important to note that they are not just affecting any one union or any one group of people, but all Canadians. That is the Conservative vision. Under their policies we are becoming the first generation that will leave less to our children than what we inherited from our parents. New Democrats will not let that happen.

Collective bargaining is guaranteed by the charter and by the Supreme Court of Canada. Collective bargaining benefits all Canadians with better wages, workplace safety, a 40-hour work week, a weekend where workers can actually be with their families and the list goes on. However, the Conservatives are determined to dismantle it. They are undermining this right and it is unprecedented in Canada.

For Air Canada, the government did not even wait for a strike to begin to bring in legislation. It did not bother to allow a negotiated settlement to happen. The labour minister says she will intervene in any dispute she feels impacts the economy. Last time I checked, every working Canadian contributes to the economy, period. That basically means no more rights.

The minister is saying no labour negotiation is safe from Conservative interference. The approach is unbalanced, it is heavy-handed, it is against the charter and it will be enforced, but it will take time. Taking sides helps no one. It sends a terrible message that legislative settlement is the new labour relations norm in Canada. There is no incentive for the parties to negotiate in good faith if they know the government will step in. Why would an employer who has already received a clear signal from the government, as we saw in Canada Post and we are seeing again? What possible incentive do they have to bargain in good faith with their employees? They could just fold their arms and say “You’re going to be forced back to work. We don’t care”. Of course, the government does not care either, but it is willing to do the bidding of any employer that asks. That is what we are here standing up against today.

The government is creating a slippery slope where no one will get a fair deal. Canadians relied on collective bargaining rights for decades. The government must respect the right of future generations to live with the same security past generations have had. What we are leaving our children is a defining issue of our times. As I mentioned, the middle class is struggling like never before with income disparity levels not seen since the great depression. We are one of the richest countries in the world and yet we are one of the countries with the greatest disparity between the richest and the poor.

Ça vaut la peine de le souligner: entre les mieux nantis de notre société et les plus défavorisés, le gouffre au Canada est parmi le plus grand au monde et ça ne fait que s’accentuer depuis que les conservateurs sont arrivés au pouvoir.

On n’a pas vu ça depuis la Dépression des années 1920. La sécurité que les Canadiens ont déjà sentie commence à disparaître. Ce n’est pas du hasard, c’est voulu.

Regardons ce qui se passe au Saguenay avec Rio Tinto Alcan. Quand Rio Tinto a acheté la société Alcan, il n’a pas seulement acheté des usines. Rio Tinto, une société étrangère, est devenu propriétaire du lit de la rivière Saguenay. Pensons-y. Il faut que ce genre de transaction soit au bénéfice net du Canada — c’est écrit dans la loi — quand il y a une telle prise de contrôle d’une société canadienne par des étrangers. Petite parenthèse: avant, il y avait le déclenchement d’une analyse à un certain niveau, maintenant, le gouvernement le porte à 1 milliard de dollars.

… Alors, des choses qui étaient analysées auparavant ne le seront même plus, mais regardons ce qu’ils ont fait même quand ils ont fait des analyses: ils ont coché « bénéfice net du Canada pour la reprise d’Alcan par Rio Tinto ». Qu’est-ce qui s’est passé?

Des autorités en Europe responsables de la concurrence ont dit qu’ils devaient se départir d’une telle partie qui fait des métaux super spécialisés. Pas de problème, ils l’ont vendue à un Américain. Qu’est-ce qui s’est passé après? Les Américains l’ont « flipée » à une grande multinationale indienne. Ensuite, ils ont dit que ce n’était pas très bien là-bas, donc ils l’ont déménagée aux États-Unis. Des emplois ont été perdus du jour au lendemain, sans aucune protection des travailleurs. C’est ça, l’attitude des conservateurs.

Qu’on regarde bien ce qui se passe. Ils sont encore en lock-out, chez Rio Tinto, à Alma. Ils n’en ont cure. Pour eux-autres, c’est comme un avertissement. Les barbares arrivent, ils démolissent le village, ils laissent les gens à l’entrée du village et leur dit de bien regarder le modèle qui s’en vient et qu’ils ont intérêt à se ranger. C’est ça qu’ils sont en train de faire: démanteler et détruire des décennies, des générations de protections qui aident toute la société, en démantelant tout notre système de protection des droits sociaux et des droits des travailleurs.

Let us look at the Conservative net benefit. We have just looked at Rio Tinto Alcan in Alma, in the Saguenay–Lac-Saint-Jean region. Workers have been on lockout for six months. Net benefit for Canada to have everybody locked out? Inco, the Conservatives approved the takeover by Brazil’s Vale in 2006. Vale proposes in 2009 to end defined benefit pensions for new employees. Then the USWA goes on strike, and it lasts nearly one year. That is the future for workers under the Conservatives.

Falconbridge, Swiss-based mining company Xstrata absorbs Falconbridge in 2006. The takeover deal says “no layoffs for three years”. In 2009, Xstrata lays off 700 people, and 700 families lose their living because they do not understand that a net benefit means not just a net benefit for the shareholders but also a net benefit for the families that work there.

Here is one of the best illustrations of the Conservative approach. I will start with a reference to what happened during the 2011 general election. Our current Prime Minister went out and visited the lovely company in London, Ontario called Electro-Motive Diesel. He used it as a backdrop. He used it as a model. As a matter of fact, since there was nothing that the Conservatives would not do during the election, they touted a $5 million tax break, no strings attached, and the company did not have to create any work, it could just take the $5 million. That is what he did during the 2011 election campaign.

A U.S. company called Caterpillar had bought Electro-Motive Diesel in 2010. What happened in the months that followed? In January 2012, 450 Electro-Motive Diesel employees are locked out. Why? It was because they were being unreasonable. They were only being asked to take a 50% pay cut. After all, the company had been given $5 million and they were only asking for 50%, otherwise it must have been 60% they were thinking of.

In February 2012, just a few months ago, the plant is closed. The operation is moved. What a net benefit for Canada.

The government announced plans last week to raise takeover review to $1 billion, and there will be even more reckless foreign takeovers that will fly under the radar. Other working Canadians are forced to fight for their pension funds that they paid into for their golden years.

Moi, je me souviens quand le premier ministre s’est levé pour dire qu’il ne toucherait pas aux pensions. C’est une de mes fourberies préférées de la part de ce gouvernement. Le premier ministre a dit qu’il ne toucherait pas aux pensions. Comme ils ont ajouté deux ans de travail et soutiré 12 000 $, le ministre des Finances s’est levé pour dire:

“We said we would not touch pensions. We never said we would not touch old age security”, as if for the average Canadian it was not one in the same thing, their revenue when they were going to retire.

Unprecedented attacks on workers, unprecedented attacks on the middle class, that is the legacy of the Conservatives. That is why we are here standing up today.




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‘New Democrats will not let that happen’

  1. Hi Ho Hi ho its off to the mines
    we go~

  2. Mulcairs got it. And so are more and more of working Canadians. It’s a while yet before the next election but it will come friends it will come. Then it will take a generation or two to fix the damage bestowed upon us by the Harper government. It’s a good time to be a corporation in Canada, not so good to be a middle class worker.

  3. Bravo Mulcair! I’ve never voted NDP before (being more center/right, blue liberal) but more speeches like that one and you just might win me over.

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